EDITORIAL

L’épidémie au Covid 19 a bouleversé le fonctionnement du monde entier comme elle a bouleversé nos vies. Les activités maritimes, ont été particulièrement impactées par cette crise. L’activité des croisières a été particulièrement touchée et Il faut s’attendre à une profonde dépression de l’activité des croisières tels que nous les connaissons. La crise n’a pas concerné que les croisières, les activités des ferries, du transport des biens et même la plaisance sont également touchées.

Cette crise s’inscrit dans la longue histoire des relations des épidémies et de l’activité maritime. L’histoire de la médecine maritime, c’est l’histoire de l’hygiène, de la prévention et des quarantaines. Beaucoup de découvertes faites en milieu maritime ont d’ailleurs bénéficié au progrès de l’hygiène en milieu terrestre confiné. Toutes les crises sanitaires ont une composante maritime. Les transferts maritimes ont plusieurs conséquences ; ils sont soit coupables involontaires dans la diffusion, mais le transport aérien fait beaucoup mieux actuellement, soit victimes comme pour ces malheureux croisiéristes, soit recours, les navires hôpitaux et les évacuations des malades par voie maritime l’ont montré.

Les leçons à tirer de cette crise sont nombreuses. Les navires sont des microcosmes de notre monde portant en eux tous les risques et fragilités de notre civilisation. Il y a beaucoup à apprendre de la médecine maritime, pour améliorer les conditions de vie de santé sur les navires, petits et grands, mais également pour comprendre nos crises à terre. Les navires sont souvent des modèles expérimentaux, involontaires mais obligatoires, pour les risques infectieux et épidémiques. Il est probable que, dans le futur, beaucoup de choses vont évoluer ; la médecine maritime devra tirer les leçons. Les impératifs sanitaires, l’hygiène, devront être repensés. La formation et les missions des personnels de santé embarqués devront encore plus intégrer les impératifs épidémiologiques. La conception, le modèle économique, le design même des navires, en particulier ceux de croisières, tels que nous les connaissons pourraient être transformés.

Le rôle et la place des sociétés scientifiques dans ce type de crise n’est pas de polémiquer, de critiquer, n’est pas de dire ce que l’on aurait pu ou dû faire. Il est de soutenir ceux qui sont confrontés à la crise à terre comme en mer. Il est d’essayer de comprendre, de rassembler et d’analyser les données objectives qui nous permettrons, à la sortie de la crise, d’émettre des données et des recommandations pour pouvoir améliorer la santé en milieu maritime, quelles que soient les conditions. La SFMM doit s’inscrire, et s’inscrit, dans cette démarche ; dès que nous le pourrons, le plus tôt nous l’espérons, nous nous retrouverons pour partager nos expériences et nous réflexions.

Nous restons à votre disposition, prenez soins de vous.

Très amicalement.

Pr Jean Pierre AUFFRAY   

Président SFMM

 

Compte tenu de l’actualité notre prochaine "Lettre de Médecine Maritime" sera presque exclusivement consacrée aux problèmes infectieux en milieu maritime. Cette lettre est la votre et si vous voulez partager vos idées ou vos expériences elle vous est ouverte et vous pouvez envoyer des articles à Dominique Jegaden. Lors de nos prochaines "Journées de Médecine Maritime" à Marseille (qui sont à ce jour sont maintenues) en octobre nous aborderons également ces problèmes.